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Habitat passif : concepts et pratiques écologiques à retenir

Habitat passif : concepts et pratiques écologiques à retenir

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Rénover ou construire une maison, n’est pas une mince affaire. D’autant plus si l’objectif est de réduire vos consommations énergétiques et d’investir dans une isolation performante. Avant même de vous embarquer dans ce projet qui s’annonce complexe et coûteux, prenez donc la température : recherches de définition, de normes, de références de construction écologique. L’habitat passif, ça vous parle ? Ce concept allemand, né dans les années 1990 et établit depuis en France, a fait ses preuves. Des milliers de maisons passives bâties en ville ou à la campagne, intègrent sans dénaturer nos beaux paysages de l’hexagone. Vivre dans un logement passif procure non seulement un certain confort, mais permet surtout des économies d’énergie de l’ordre de 90 % par rapport à une habitation classique. Les réponses à vos questions dans cet article.

Qu’est-ce qu’un habitat passif ?

Définition du concept

Le chauffage et l’eau chaude sont les principaux postes de consommation d’un ménage lambda. Ils requièrent des besoins en énergie importants, notamment en électricité.

L’habitat passif se tourne vers d’autres sources d’énergie : l’ensoleillement extérieur, la chaleur induite par l’être humain circulant dans un espace clos, et celle générée par les appareils électriques. Regardez autour de vous : les lampes dégagent de la chaleur, tout comme l’ordinateur en charge, la cafetière en marche, etc. Votre réfrigérateur frais à l’intérieur, monte lui aussi en température à l’arrière de l’appareil. Pourquoi ne pas récupérer cette chaleur ? De là, naît la réflexion d’un logement à énergie passive.

Pour aller plus loin, l’environnement bioclimatique du logement rentre en compte dans les paramètres satellites au concept : la nature et l’orientation du terrain, la configuration mitoyenne ou libre du bâtiment, la présence de végétaux, etc. Des architectes, ingénieurs et constructeurs élaborent alors des plans sur-mesure. L’habitat devient ainsi intelligent et peu énergivore.

La baisse des consommations énergétiques

En France, le secteur résidentiel représente 28 % des consommations énergétiques finales, tout type d’énergie et tout secteur confondus (1). La réduction des consommations est un enjeu national de taille, ce pourquoi l’État aide d’ailleurs à financer ce type de projet (crédit d’impôt pour la transition énergétique, éco-prêt à taux zéro).

Les professionnels du secteur estiment à 15 % (et jusqu’à 25 %) le surplus d’un prix de revient d’un logement passif, comparativement à un logement dit classique. L’investissement est donc conséquent. Néanmoins, si l’économie d’énergie promise intervient dans votre calcul, le retour sur investissement est bénéfique et les dépenses alors amorties. Habiter dans une maison ou un appartement passif, c’est un projet qui s’inscrit au final sur le long terme.

Ses objectifs ambitieux visent :

  • des besoins énergétiques en chauffage, inférieurs à 15 kWh/m²/an (quand ceux-ci sont compris entre 331 et 450 kWh/m²/an pour la moyenne française) ;
  • des besoins énergétiques en chauffage, production d’eau chaude, éclairage, refroidissement, ne devant pas dépasser 120 kWh/m²/an au total.

Pour ce faire, l’isolation, l’étanchéité et la ventilation sont au cœur du processus. Dans le cas d’une maison passive, l’isolation thermique par l’extérieur jouera un rôle double : bloquant le froid, et captant le rayonnement solaire, afin de récupérer de l’énergie pour les besoins internes au logement. L’étanchéité insistera sur la bonne circulation des flux, sans détériorer la structure. La ventilation à double flux préconisée, aura pour fonction de rafraîchir ou de chauffer l’air ambiant, par ailleurs renouvelé.

Tous les appareils et luminaires utilisés dans le logement auront naturellement vocation à limiter les consommations énergétiques. L’habitat consomme donc moins d’énergie et produit moins de dioxyde de carbone, ce fléau pour l’environnement.

Le confort de vie pour les occupants

Une sensation de courant d’air, la surchauffe du radiateur, de l’eau qui s’infiltre dans les ouvertures, de la buée formée sur les fenêtres : ces constats font partie de votre quotidien ? Ces détails cumulés nuisent à votre confort. Chaque saison de l’année apporte son lot d’inconvénients et de surprises : l’humidité, la chaleur, le froid, le gel, le vent, la pluie.

La solution : l’habitat passif. Il présente des avantages considérables pour ses occupants, et résout de nombreux problèmes :

  • des avantages économiques, puisque les factures d’énergie baissent du tout au rien ;
  • des avantages en termes de confort (avec des températures uniformes dans l’ensemble du logement et une diminution des risques de fuite ou de gel, néfastes à la structure) ;
  • des avantages enfin écologiques, afin de diminuer l’empreinte carbone.

Habiter durable, c’est donc améliorer votre confort de vie et faire de votre logement un petit nid douillet économe et écologique.

Comment construire une maison passive écologique ?

Les techniques de construction

Construire ou rénover un bâtiment à visée écologique, ne s’improvise pas. Entourez-vous des meilleurs professionnels possibles : architectes et artisans formés aux dernières techniques de construction. Chaque entreprise a bien évidemment son savoir-faire et ses propres méthodes. Chaque label répond aussi à des exigences différentes. Il n’existe pas une seule manière de faire. Si vous embauchez un artisan, préférez toutefois un professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), ce qui par ailleurs vous aidera à obtenir des aides financières.

Sachez enfin que toute construction existante peut faire l’objet d’une transformation en habitat passif. Ce concept n’est pas réservé aux terrains vacants pour de la construction neuve. Le projet pourrait être certes plus difficile à mettre en œuvre, par exemple en plein centre-ville dans de l’habitat ancien, mais pas impossible.

Les matériaux utilisés

C’est dans le choix des matériaux que l’habitat passif prend tout son sens. Performants et écologiques, voire biosourcés, les matériaux utilisés pour les sols, les murs et les toitures sont étudiés et optimisés afin d’isoler au mieux le logement.

Les fenêtres, les baies vitrées et les portes doivent être choisies en bonne et due forme. Ce que vous voulez absolument éviter : les ponts thermiques et les échanges de chaleur. Le double ou le triple vitrage est recommandé, en bois, aluminium ou PVC au choix. On vous passe les détails de pression thermique. Néanmoins, sachez que les professionnels doivent respecter une isolation thermique de l’ordre de 0,7 W/m².K maximum.

En plus des menuiseries étanches, le chanvre et l’ouate de cellulose figurent parmi les matériaux de plus en plus privilégiés par les artisans travaillant sur de tels projets. Aussi, le thermopierre (ou béton cellulaire) se veut minérale et écologique, constitué de sable, d’eau, de chaux et de ciment. On l’utilise en isolant porteur, sur armatures métalliques et sur façades extérieures. Pour votre maison, l’isolation des combles est d’ailleurs primordiale, tenues responsables d’environ 30 % des déperditions de chaleur du logement.

Bâtiment passif, basse consommation ou à énergie positive ?

La réglementation environnementale évolue

Le concept d’habitat passif n’est autre qu’une évolution de la RT 2012 (réglementation thermique) portée par le concept de bâtiment à basse consommation (BBC). Là où la RT 2012 limite la consommation en chauffage à 50 kWh/m²/an, la maison passive ne dépense que 15 kWh/m²/an, soit 3 fois moins d’énergie.

Ce progrès colossal place cette construction passive pourtant en deçà des nouvelles normes thermiques. La RT 2020 (en vigueur d’ici 2021), propulse le bâtiment à énergie positive (BEPOS) au sommet du barème du diagnostic de performance énergétique. Les professionnels cherchent à construire des édifices peu énergivores où la consommation de chauffage serait inférieure à 12 kWh/m²/an et la consommation totale inférieure à 100 kWh/m²/an. L’objectif à terme : diminuer de 20 % la consommation énergétique totale entre un logement passif et un BEPOS.

C’est dans la production d’énergie que le BEPOS tire précisément son épingle du jeu. L’habitat passif se concentre sur les apports solaires et métaboliques (chaleur produite interne au logement) quand le BEPOS met l’accent sur la production d’électricité et de chaleur.

Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)

La production d’énergie : aller plus loin dans la démarche

Afin de produire de la chaleur injectée à l’intérieur du logement, les spécialistes s’accordent sur l’intérêt à installer des dispositifs d’énergies solaires, géothermiques et aérothermiques :

  • les panneaux photovoltaïques ou solaires thermiques ;
  • le chauffage thermodynamique ;
  • le chauffe-eau solaire ;
  • la ventilation mécanique contrôlée (VMC) ;
  • le puits canadien (appelé aussi provençal) ;
  • la récupération des eaux de pluie, traitées, etc.

Tous ces équipements ne sont pas forcément requis pour un seul et même logement. Il en va de l’analyse des capacités de votre maison : toit incliné, pluviométrie, ensoleillement, orientation plein sud, disponibilité foncière. N’oubliez pas d’obtenir des informations réglementaires complémentaires des services d’urbanisme de votre commune, éventuellement du règlement de votre copropriété.

L’habitat passif, ce logement prometteur a conquis de nombreux propriétaires de terrain et de maison, mettant fin à leur situation de précarité énergétique. Si les normes techniques et thermiques évoluent constamment, la maison passive reste un pilier de l’architecture fonctionnelle et intelligente, tournée vers l’isolation, l’écologie et les énergies renouvelables.

(1) Ministère de la Transition écologique et solidaire, données 2018.